24/07/2009

La petite boutique de Contador

Ça ne vaut pas encore le barnum Livestrong de Lance Armstrong mais c'est un bon début. Alberto Contador est en train de développer sa marque. Au départ du contre-la-montre, à Annecy, une voiture ostensiblement garée sur la pelouse au milieu des bus, affichait un "www.albertocontador.com" sur ses flancs. Son site perso, en anglais et en espagnol, comprend un espace pour les fans et un blog que le coureur est supposé tenir au soir de chaque étape. Mais aucune référence claire à Astana ! Le logo de l'équipe n'apparaît ni sur la page de lancement ni sur celle d'accueil.

Contador est une entité propre (si l'on peut dire), une marque, un espace à vendre - il doit d'ailleurs rebâtir une équipe autour de lui. Réputé timide et accessible, l'Espagnol n'en reste pas moins avisé. Sa petite "boutique" est tenue par son frère aîné, "Fran", "relations publiques" chez Astana pendant le Tour. Jacinto Vidarte, l'attaché de presse personnel, ancien responsable de la communication de Manolo Saiz, est l'autre personnage clef du système. Lui non plus ne fait pas de pub pour Astana. Sur ses polos, il porte un "AC". Les initiales, qu'on retrouve sur le site officiel, pourraient très bien préfigurer une nouvelle marque de vêtement.

La griffe Alberto Contador passe aussi par un logo : une main qui imite une arme à feu. Le geste est imprimé en jaune sur sa casquette noire (qu'il coiffe sur le podium à la place d'un couvre-chef Astana...). C'est le "gimmick" du futur vainqueur du Tour. Depuis le Giro 2008, chaque fois qu'il franchit la ligne en vainqueur, Contador dégaine son révolver. Lors de la conférence de presse à Verbier, un journaliste lui a demandé s'il s'agissait d'une symbolique de western. "Non, je fais ça pour mes fans", avait répondu le coureur. Selon lui, inutile de chercher dans le dictionnaire de Freud pour trouver un sens à ce coup de flingue.

Dans une époque récente, sur le Tour, Juan Antonio Flecha décochait une flèche (jeu de mots.. ah ! ah !), Carlos Sastre version 2003 s'enfournait une tétine dans la bouche (clin d'oeil à son bébé), Richard Virenque période 2005 désignait le ciel en pleurant (hommage à sa grand-mère et à son ancien manager décédés)... Contador, lui, tire à vue. Chacun son truc.

Pierre Carrey